Récupération d'article du 11 octobre 2018
Quand quelqu'un me juge parce que je ne regarde pas dans les yeux, ça me fait mal. Il y a une raison pour laquelle je ne regarde pas dans les yeux. En entrevue, en tout cas, c'est l'enfer! On évalue les qualités relationnelles de quelqu'un et sa confiance en soi à sa capacité à regarder dans les yeux. Je n’ai pas pour autant moins de qualités relationnelles. Quand les gens apprennent à me connaître réellement, ils comprennent que je suis capable d’interagir avec les autres. Ils comprennent que j'ai confiance en moi et que je suis capable de foncer dans la vie. Ça ne fait pas de moi quelqu'une qui est moins compétente que les autres. Je suis juste pas capable de regarder dans les yeux. La seule chose que je sois capable de faire est de regarder dans les yeux quelqu'un quelques secondes. Après, je détourne mon regard sur une autre partie du visage que les yeux ou carrément en venir à regarder le plafond. En fait, je dois dire que ça me fait mal de me faire juger pour cela. On devrait avoir la possibilité de faire ses preuves. En fait, c'est une forme d'exclusion sociale dissimuler. En raison seulement de tes différences, on te place à l'écart et personne ne te donne la chance de faire valoir ce que tu vaux.
Je voudrais vous faire un portrait global de la situation en matière d'emploi au Québec pour les autistes. Je dois vous dire franchement qu'elle est très désastreuse. Je ne suis pas la seule qui le dit en fait. On l'observe de plus en plus malgré des tentatives d'intégration en entreprise. En fait, la situation est que les candidats qui ont des handicaps invisibles, comme l'autisme, sont désavantagés dès le départ par les futurs employeurs. On les écarte systématiquement sans prendre le temps de faire des efforts pour les intégrer. On s'entend aussi que l'humain, quand vient le temps de faire des efforts, n'aime pas cela. Il préfère prendre le chemin facile au lieu de prendre le chemin difficile. Comme dans Harry Potter, Dumbledore dit à Harry: « Bientôt, nous aurons tous à choisir entre le bien... et la facilité». C'est un roman fictif, mais la référence est d'actualité. Les gens, en général, ne pensent pas à faire le bien, il cherche la plupart du temps la solution facile pour des raisons financières, organisationnelles ... Celle qui à court terme est satisfaisante, mais qui peut à long terme être beaucoup moins intéressante. La personne n'est pas à blâmer, mais la façon dont le cerveau humain est fait est en cause. Quand c'est une solution difficile, l'humain a tendance à ne pas voir les effets à long terme et ne voit que les effets à court terme. En tant qu'humain, admettons que nous voulions, la plupart du temps, choisir la solution facile pour mieux choisir la solution difficile. Je vais vous donner un exemple de situation fictive qui pourrait arriver et ces impacts à court et à long terme. Imaginons une personne avec un handicap invisible qui se présente à une entrevue et qui est rejetée systématiquement par l'employeur au profit d'une personne neurotypique. Dans ce cas, la personne neurotypique va faire son travail. Sauf que, de plus en plus, les gens de nos jours ont tendance à marchander les emplois et peuvent du jour au lendemain donner leur démission (effet à long terme). Une personne avec un handicap invisible, elle, va demander des adaptations en milieu de travail qui peut paraître difficile à assumer par l'employeur, mais cette personne va être fidèle au travail. À long terme, elle va être un atout pour tout type d'entreprise. Voici un exemple concret des impacts des effets à court et à long terme.
Aussi, il serait intéressant de modifier les façons de conduire des entrevues dans les entreprises. Les types d'entrevues traditionnelles ont tendance à être discriminants pour les personnes autistes ainsi que pour toutes celles qui ont des problèmes de compréhension. Souvent, on est pris au dépourvu et l'on rate systématiquement les entrevues. Je peux comprendre que de plus en plus, il faut être capable d'analyser et de synthétiser. Par contre, il aurait d'autres moyens d'analyser ces compétences par exemple, en proposant de faire une demi-journée pour montrer ces compétences. Bref, les entrevues traditionnelles sont faites pour les neurotypiques par des neurotypiques et il est nécessaire de tenir compte des diversités neurologiques dans l'embauche.
En somme, j'ai déjà fait un article sur l'inclusion, mais celui-ci est plus centré sur l'entrevue d'embauche. En ce moment, je ne dois pas être la seule à être désavantagée en entrevue. Plusieurs personnes se battent pour faire reconnaître nos droits, mais la situation n'est pas gagnée et nous allons devoir mettre les bouchées doubles. En attendant, partagez cet article pour que le message se rende aux bonnes personnes.
En attendant, je vous dis bonne semaine.
Amicalement vôtre,
La petite musicière
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