L'autonomie et l'autisme!

Publié le 29 décembre 2025 à 15:19

Récupération d'article du 23 mars 2019

J'ai eu envie de parler un peu plus d'autonomie en autisme, car je me sens très fière d'avoir mon propre appartement. On peut souvent penser que l'autisme et l'autonomie sont deux choses qui ne vont pas ensemble, mais à ce qu'on peut penser cela peut être possible. 

L'autonomie aux sens larges comprend beaucoup de choses. Selon le Larousse, on la définit comme la «capacité de quelqu’un à être autonome, à ne pas être dépendant d’autrui; caractère de quelque chose qui fonctionne ou évolue indépendamment d’autre chose». En effet, « ne pas être dépendant» peut s’articuler autour de différent domaine comme l’entretien physique d’un logement jusqu’aux soins d’hygiène primaire, mais aussi en ce qui concerne de la gestion d’un budget, des rendez-vous. Bref, il y a énormément de choses qu’implique l’autonomie qui est parfois plus difficile à intégrer dans notre propre cerveau.

Pourtant, la personne autiste doit simplement apprendre comment faire les choses. Tout le monde a déjà passé par une étape où nous avons dû apprendre. Dans ma tête, j’ai dû tout apprendre. J’ai été interné en centre jeunesse et c’est vraiment là que j’ai vu que je n’avais pas acquis les règles élémentaires de l’autonomie. Je m’explique. Je ne savais pas comment faire une brassée de lavage à l’âge de 15 ans. J’ai longtemps mis tout mon linge ensemble et la majorité a déteint sur les autres. Personne ne m’avait dit que cela allait faire ça. De plus, j’avais énormément de problèmes avec mon hygiène corporelle. Non que je n’aimais pas me laver, mais on ne me montrait pas comment faire les bonnes choses. Une fois, on a puni toute l’unité à cause que je ne changeais pas mon lit. En fait, personne ne m’avait dit qu’il fallait que je lave mon lit.

En résumé, j’ai appris à laver mon linge, j’ai appris à faire le ménage de mon appartement (ma sœur en est en grande partie responsable), j’ai appris à gérer un compte de crédit et de débit, j’ai appris à prendre les transports en commun, à être responsable d’un bail, j’ai appris à faire cuire de la viande…

Notre tête ne vient pas avec le mode d’emploi nécessaire pour comprendre ce que la société attend de nous. Il faut faire un effort pour montrer les bonnes choses aux personnes autistes et leur permettre d’être autonomes un jour. Bien sûr, cela est long. J’ai eu ma véritable autonomie à 24 ans. Ma sœur est partie de la maison à 18 ans. Tout un décalage, mais en même temps qui est nécessaire pour permettre le développement du manuel de l’utilisateur lambda. J’aimerais dire que quand nous sommes capables d’avoir un logement, des amies, des animaux, un emploi ou un endroit où étudier, un copain ou une copine… Là, nous sommes vraiment les plus heureux du monde. Certains vont avoir des buts démesurés, mais moi quand je pense à tout ce que j’ai fait pour me rendre là, je remercie la nature de m’y avoir aidé. Je suis simplement heureuse avec ce que j’ai. Malgré que ce serait tellement le fun d’être neuropsychologue HAHAHAH.

En somme, l’autonomie et l’autisme ne sont pas deux choses qui ne vont ensemble. Elle se développe comme une fleur qui s’épanouit.

Sur ce, passez une agréable journée

Amicalement vôtre,

La petite musicière

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